Denise Glaser, il y a 25 ans hommage

Denise Glaser

Née le 30 novembre 1920 à Arras dans le Pas de Calais - 7 juin 1982 à Paris

En 1948 Denise Glaser rentre à la discothèque de la Radio diffusion française. Fin janvier 1959 Jean d'Arcy le directeur de l'information accepte et lance Discorama, Discorama naît en février 1959. En mai 68 avec certains de ces collègues elle bouscule par la grève générale le pouvoir gaulliste. De 68 à 74 la direction de l'ORTF la prive d'antenne à trois reprises pour ses prises de positions trop à gauche au goût du ministre de l'information. Son émission change d'horaire, de jour au gré des humeurs des directeurs... En 1974 V.G.E arrive au pouvoir et morcelle l'ORTF en plusieurs sociétés. Après 15 ans de bons services la télévision la remercie. Dimanche 5 janvier 1975 elle présente le dernier Discorama.  Du jour au lendemain elle se retrouve au chômage. Pour vivre, elle exerce de petits boulots. Elle prête sa voix pour de la publicité pour Sélection du Rider's digest. Elle réalise des courts métrages. Le 6 juin 1983 elle s'éteint à l'âge de 62 ans. Elle repose au cimetière Saint Roch de Valenciennes dans le carré israélite. Lors de son enterrement seul Barbara et Catherine Lara sont présentes. Toutes les deux, seules… En février 1986 TF1 diffuse à 23 h 10, tard le soir à la sauvette un hommage à Denise Glaser... Trois ans trop tard... C'est trop tard pour verser des larmes....



Vidéo du Discorama du 9 avril 1972

Catherine Lara : sur les ailes de Glaser

Dans le monde de la chanson, elle fait déjà figure d'événement. Son nom pourtant demeure encore presque totalement inconnu du grand public et son premier disque n'est toujours pas commercialisé. Le grand démarrage de Catherine Lara devrait se produire ces jours prochains à la faveur d'un Musicorama spécial l'OdéonThêatre de France.
Les téléspectateurs en ont eu un avant-goût dimanche dernier dans "Discorama", l'émission de Denise Glaser. Ils ont découvert une grande fille brune au sourire de Joconde, qui chante ses propres chansons comme si elle n'avait fait que cela depuis mille ans.
Or la grande aventure de Catherine remonte à septembre dernier. Jusque-là, elle était violon solo classique et interprétait Bach, Vivaldi et Mozart. Ce qui lui avait du reste valu, à dix-neuf ans, d'être arrachée pour un bref instant de son anonymat le jour où Marcel Bleustein-Blanchet et le jury du Prix de la Vocation lui avaient décerné leur bourse.
C'est à Denise Glaser, toutefois, que revient le mérite d'avoir déniché cet oiseau rare et d'avoir flairé qu'il s'agissait d'un exceptionnel rossignol. Elle le lui répéta à plusieurs reprises pendant un an. Catherine se contentait à chaque fois de hausser les épaules et d'esquisser son sourire de Joconde : "Mon métier, répondait-elle, c'est la musique classique." A quoi Denise Glaser, obstinée, rétorquait tout aussi invariablement : "Vous avez l'étoffe d'une grande mélodiste et une vraie voix pour chanter. Votre vocation, c'est la chanson."
La dernière fois, changeant brusquement de ton, Denise se fit presque pathétique : "Ecoute, Catherine. Ecoute-moi bien : si tu compose, si tu chantes, moi, je prends le risque. Je te fais la fête comme si étais Frank Sinatra. Je te fais, pour toi toute seule, un discorama spécial..."
Une autre année passe. C'est un retour de ses vacances, en septembre dernier que Catherine annonce à Denise Glaser que " ça y est, elle chante, et elle prépare un disque". Avec sa propre musique, sur des paroles de Daniel Boublil.
En mars, le disque était prêt. Denise a tenu sa promesse dimanche dernier. Résultat foudroyant. Toutes des radios s'arrachent Catherine Lara. Demain, ses chansons feront le tour du monde. Une fois de plus, Denise Glaser a démontré l'infaillibilité de son radar. Un radar qui ne l'a pratiquement jamais trahie depuis qu'il y a triez ans elle lança un parfois inconnu du nom de Jean Ferra envers et contre l'avis de tous les spécialistes.
Comme Denise l'avoue modestement : "Mon secret, c'est moins le flair que l'obstination et la ruse. Quand personne ne voulait de Barbara, j'annonçais périodiquement la sortie imminente de disque qui n'existait pas, pour la forcer à se mettre dans le bain." C'est elle aussi qui imposa Moustaki et son "Métèque" quand personne n'en voulait, même pas sa propre maison de disques.
L'autre secret de Denise Glaser, c'est qu'elle se moque de l'argent. Si les talents qu'elle a découverts ont toujours fait la fortune des éditeurs, ils n'ont jamais fait la sienne : "Moi, aime-t-elle à répéter, j'appartiens au monde des artistes. Pas à celui du show-business." Ce qui lui a valu, de la part d'Aragon, l'un des plus beaux compliments de sa carrière. Evoquant Denise Glaser un jour au cours d'une interview, il devait s'exclamer : "C'est une vraie personne." Et son plus joli cadeau, c'est Trenet qui devait le lui offrir un jour lorsque sans la prévenir, devant 50 millions de téléspectateurs, il se mit à chanter "La mer" en remplaçant à chaque vers "la mer" par "Glaser" : "Glaser qu'on voir danser le long des golfs clairs, a des reflets changeants... Glaser a bercé mon coeur pour la vie..."
Pour l'instant, sans doue, le plus beau cadeau que Catherine Lara peut offrir à celle qui l'a fait naître à la chanson, c'est de réussir.
Jour de France n°903 du 11 avril 1972

 

Mag Jour de France n°903 du 11 avril 1972

Décidément, Denise Glaser manifeste depuis quelques mois un surcroît de fantaisie et l'imagination qui fait plaisir à voir et à entendre. Ses "Discorama" spéciaux sortent de la routine des variétés avec une belle insolence : Après Herbet Panani, les Le Forestier, Charlebois et en attendant Papathanassiou, voici Catherine Lara encore plus étrangère au grand public que les précédant ne l'étaient lors de leur passage à "Discorama", puisque, à l'heure où nous paraissons, son premier disque n'est pas encore en vente. Et ce premier disque est un 30 cm : C'est à dire si les professionnels ont une belle confiance en son avenir. Et en Denise Glaser. Car c'est avec celle-ci que tout a commencé il y a près d'un an et demi.
Catherine éclate de rire quand Denise Glaser, séduite par sa voix, lui suggère de chanter. Elle n'avait jamais songé qu'au violon. Convaincue après longtemps de résistances, par Denise Glaser, Catherine lui annonce, en septembre 1971, qu'elle était prête pour un premier disque.
Ce "Discorama" spécial, Denise Glaser l'avait promis à Catherine. Promesse tenue. On souhaite que le pari sur la qualité le soit aussi...
Journal TV Avril 1972

Denise Glaser
Discorama Télé Poche Avril 1972

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